avr 12 2008

On diabolise la Connaissance !

Le type qui a dit que l’« Histoire n’est qu’un éternel recommencement », il avait fichtrement raison !
Tout comme l’Encyclopédie du siècle des Lumières, Wikipédia est autant appréciée que décrié, non plus par le pouvoir en place cette fois, mais par les « élites » : experts, profs, et autres enseignants. Et pourtant, l’encyclopédie libre et gratuite est bien loin de toutes les caricatures qu’on en fait, mais ça, le vulgaire l’a bien compris (il n’y a qu’à voir le nombre d’articles et de visites).

On nous dit « Tout le monde peut modifier, ce n’est pas fiable. », mais pour dire ça il faut vraiment n’avoir rien compris au système : si tout le monde peut modifier, tout le monde peut corriger. Idéaliste ? Il suffit de regarder l’études de la revue Nature, qui comptabilise 3,86 erreurs par article pour l’encyclopédie libre contre 2,98 pour la célèbre encyclopédie Britannica, ou encore celle parue dans l’hebdomadaire allemand Stern, qui nous apprend que sur une échelle de 1 à 6 (1 étant la meilleure note), Wikipédia obtient 1,7 alors que l’encyclopédie allemande Brockaus n’obtient que 2,7. En plus de ça, chaque article dispose de sa propre page de discussion où les utilisateurs peuvent interagir dans le but de rédiger un article juste et complet.
Dire que « Tout le monde peut modifier, même les vandales. », c’est à nouveau avouer une mauvaise compréhension du système. En effet, au cours de son évolution, Wikipédia s’est doté d’une équipe efficace, composée de wiki-pompiers (chargé d’apaiser les conflits), de patrouilleurs (qui luttent contre le vandalisme en vérifiant les modifications récentes), d’arbitres, de médiateurs, d’administrateurs, … Le vandalisme, tout comme le fanatisme ou même la publicité, est donc rapidement supprimé.
Un autre point fort de Wikipédia est le nombre d’articles. Alors qu’une encyclopédie classique telle que Britannica nous en propose 120 000, l’encyclopédie libre et gratuite peut se vanter de comporter plus de 643 000 articles dans sa version française, et plus de 2 320 000 en anglais (on note aussi que le multilinguisme est une autre qualité de Wikipédia).

Wikipédia n’a rien à envier aux encyclopédies papier archaïques : les critiques qu’elle essuie sont donc des plus injustes. Bien sûr, il faut se méfier de ce qu’on y trouve ; ça s’appelle « l’esprit critique », mais il faut avoir strictement la même attitude avec tout ce qu’on lit, même dans les mastodontes encyclopédiques en trop de volumes qui, outre le fait qu’ils contiennent des erreurs, prennent plus de place qu’un ordinateur.

Rien ne vaut le témoignage de l’académicien Michel Serres, dont l’enthousiasme communicatif fait plaisir à entendre ;

(Extrait trouvé sur le framablog)