LHC : rendez-vous le 10 septembre
Ça y est presque. Dans un communiqué de pesse diffusé la 7 août dernier, le CERN annonce officiellement que le LHC accélérera son premier faisceau le mercredi 10 septembre. En construction depuis 1994, cet accélérateur de particules va donc enfin rentrer en service, avec près de huit années de retards, détrônant le Tevatron américain de son statut de plus puissant accélérateur du monde. Le grand collisionneur de hadrons (Large Hadron Collider), long de 27 km, va en effet accélérer des protons jusqu’à une énergie de 7 TeV (soit une vitesse qui correspond à 99,9999991 % de la célérité de la lumière dans le vide). Avec une énergie d’injection de 450 GeV, le premier faisceau devrait être accéléré jusqu’à une énergie de 5 TeV. L’accélération de faisceau jusqu’à l’énergie maximale de 7 TeV est, elle, prévue pour 2010.
Le sprint final a commencé il y a quelques mois, avec le début du refroidissement de la machine. Il faut en effet amener les 8 secteurs à une température de 1,9 K, notamment grâce à l’hélium superfluide, afin de pouvoir exploiter pleinement les électro-aimants chargés de maintenir les protons sur leur trajectoire. Il a ensuite fallu synchroniser le LHC avec le SPS (Supersynchrotron à Protons). Le SPS est l’accélérateur qui va amener les faisceaux jusqu’à l’énergie de 450 GeV, avant de les injecter dans le LHC. Ces deux machines doivent être parfaitement coordonnées (la marge d’erreur est de l’ordre d’une fraction de nanoseconde, selon le communiqué). Les tests du système de transfert de rayon du SPS vers le LHC dans le sens des aiguilles d’une montre se sont déroulés avec succès le week-end dernier ; ceux destinés à tester le système d’injection dans le sens inverse des aiguilles d’une montre sont prévus le week-end du 22 août.

Les physiciens attendent beaucoup du LHC, qui sera exploité au travers de 4 détecteurs : ATLAS, CMS, LHCb et ALICE. Ils espèrent notamment découvrir le boson de Higgs, pièce qui manque au puzzle du modèle standard et qui expliquerait pourquoi certaines particules ont une masse, et d’autres, comme le photon, n’en ont pas. Ce qui est sûr c’est qu’en collisionnant deux faisceaux de 5 TeV, le LHC offrira aux yeux des physiciens un monde nouveau, encore inexploré et qui pourrait réserver bien des surprises (mais absolument sans danger, contrairement à ce que pourraient laisser entendre quelques troubles-fêtes à l’inculture latente).
