août 29 2010

Première baie de laurier

Cette baie de laurier est peut-être la première d’une plus longue série, série de petites anecdotes de mes années « lycée »…

Un marché de Noël à Trèves qui se refuse soudain aux germanophones de notre classe de Terminale, il ne fallut rien de plus que cette seule injustice pour déclencher une réaction retentissante. Ce devait être le 18 décembre, vendredi de la veille des vacances de Noël, une bonne partie de la classe comptait s’y rendre et avait même déjà rapporté la fiche d’inscription et l’argent. Mais l’inclination de certains profs à refuser absolument toute sortie à des élèves de terminale sous prétexte qu’ils passent le bac en fin d’année en a décidé autrement. Comprenez bien le raisonnement, soutenu semble-t-il par une prof de physique au conseil d’administration : nos pauvres élèves s’absentent une journée où ils auraient dû avoir, grand diable, un TP de physique chimie… de deux heures ! Impensable, totalement inconcevable pour ces professeurs zélés qui semblent ne plus penser à rien qu’au bac avec sept mois d’avance (évidemment, élèves trop idiots que nous sommes, nous n’aurions jamais pu en six mois rattraper ces deux heures de retard fatales, tout comme évidemment la moindre demi-journée d’absence condamne n’importe lequel des lycéens au redoublement : c’est ridicule)… Voilà donc que l’on a rendu l’argent à mes camarades, privés de sortie pour leur bien… L’injustice, qu’on ressent gangrener notre lycée depuis longtemps et qui n’est sans doute pas l’apanage de notre petite ville, trouvait là une illustration criante. Beaucoup trop criante pour que nous ne réagissions pas !

J’en discutai la veille du jour où ils auraient dû partir avec quelques amis et camarades, avant de proposer sur notre forum un autocollant que nous collerions sur nos vêtements le lendemain matin pour le garder la journée et manifester ainsi de manière inventive, originale mais réelle, notre colère. Car toujours, nous avions cette volonté d’être originaux, de ne pas verser dans la critique facile mais, au contraire, de faire presque de l’expression de nos avis des œuvres d’art ; l’épisode de l’affiche en sera un autre exemple. Dès sa mise en ligne, notre autocollant revendicatif plut. J’en imprimai donc 36 sur des feuilles autocollantes A4, et en véritable petit artisan travaillant dans l’urgence je les coupai un à un à la vive lumière de ma lampe de bureau. Il devait être minuit lorsque, fatigué par la découpe de ces petits papiers, exacts reflets de l’esprit de notre classe, et après les avoir glissés dans mon sac, entre mon agenda et mon livre d’Histoire, j’allai me coucher.

Sur ces autocollants, nous avions écrit en gros « Trèves générale », un jeu de mot avec le nom de la ville à laquelle on leur avait finalement interdit de se rendre, Trèves, et l’idée de trêve, de cessation de toute activité, au son et au sens assez proches de grève, que Trèves remplace élégamment dans l’expression « grève générale ». En plus petit, en-dessous, nous avions rajouté « Ils nous ont oubliés, oublions de travailler ! », le tout sur un fond qui représentait un crayonné de la bien mal nommée Porte Noire de Trèves.

Trèves générale !

Le lendemain matin, nous commencions par deux heures d’Histoire. Rapidement, dans les couloirs et en s’installant dans la salle, j’avais fait passer nos autocollants artisanaux à tous les membres de la classe qui, semble-t-il, adhéraient unanimement à l’idée et collèrent sur leurs chemises, T-shirts et autres vêtement notre symboles de révolte d’un jour. Contrairement au radicalisme de notre slogan, nous avions tout de même travaillé le matin, non sans avoir amusé notre prof d’Histoire ; tout juste avons nous, pour certains, croisé vraiment les bras durant les deux heures de TP qui étaient la raison déraisonnable de notre privation de sortie.

Même nos profs, exception évidemment faite de notre prof de physique, étaient séduits par nos autocollants ; notre prof d’Histoire en avait affiché un en salle des profs et gardé un second en souvenir, un autre encore doit trainer dans les cahiers désordonnés de notre prof de philo qui le retrouvera sans doute par hasard un jour et repensera avec un sourire à notre classe.

Le jour d’après, samedi où fût organisée la rencontre des anciens élèves, j’avais gardé collée une étiquette sur mon sac, comme un baroud d’honneur. On en parlait encore un peu, dans les couloirs. Mais il y avait désormais beaucoup plus important : les vacances approchantes. Et on n’en parla bientôt plus que comme un souvenir amusant, à l’occasion de discussions plus ou moins nostalgiques. Ce vendredi 18 décembre fleurera éternellement pour moi le doux parfum de l’insouciante révolte chère à notre classe…


août 13 2010

Poèmes bohèmes - rhapsodie

Lisez ce titre, éventuels visiteurs perdus sur la toile mondiale du Web qui auraient trouvé refuge ici, comme un avertissement : « La vie de bohème désigne généralement une façon de vivre au jour le jour dans la pauvreté mais aussi dans l’insouciance. » (Wikipédia, souligné par nous)

Puisqu’il faut bien que j’en fasse quelque chose, voilà quelques petits poèmes et autres textes sans prétention, écrits dans différentes circonstances, souvent sans rapport, parfois abscons, parfois étranges. Les textes ne sont absolument pas triés, même pas chronologiquement. Ils ne doivent pas vous faire appeler une cellule psychologique (je vais très bien) : ce sont des textes qui sont avant tout des essais esthétiques.

Gardez à l’esprit qu’ils sont pauvres et insouciants…

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