Aujourd’hui je vais m’atteler à la lourde tâche qu’est la description de la plus célèbre plate-forme de calcul distribué : BOINC. Présentation, installation, utilité : tout y passera ! Ou presque
…
BOINC ? Calcul distribué ?
BOINC n’est ni plus ni moins qu’un programme informatique développé par une université américaine (Berkley). Ce logiciel, le « client », est chargé de gérer différentes « applications » qui ne sont rien d’autre que de simples (tout est relatif
) programmes de calcul. Le but est en fait d’utiliser la puissance de votre ordinateur couplée à celle des tous les autres PCs participant au projet pour faire des calculs complexes afin de faire avancer la science. C’est vous qui choisissez les projets que vous souhaitez aider, et là : le choix est vaste ! Plusieurs projets dans de nombreux domaines ont besoin de vous ; analyser des données collectées par des télescopes, trouver de grands nombre premiers, étudier les effets du réchauffement climatique, … Tout ça pour faire avancer la physique, les maths, l’astronomie, et j’en passe !
Et dans la pratique, comment ça se passe ? En fait, c’est très simple. Vous installez le client (BOINC, donc), vous entrez les projets auxquels vous souhaitez participer et vous faites ce que vous voulez de votre ordinateur ! En effet, ce dernier va, grâce au net, télécharger comme un grand les calculs qu’il doit faire et, toujours grâce à internet, il va envoyer les résultats. Vous pensez que les performances de votre PC vont en pâtir ? Rassurez-vous : BOINC n’utilise que ce que vous n’utilisez pas déjà ! Et ne pensez pas que BOINC est un logiciel de vieux geek altéré, il est utilisé par plus d’un million de machines dans le monde ; pourquoi ne pas l’essayer ?
Installer le client : BOINC.
Comme annoncé dans la partie précédente, pour pouvoir gérer les calculs il vous faut le programme « client » : BOINC. Il se trouve dans les dépôts Ubuntu ; il vous suffit donc de taper dans une console :
sudo apt-get install boinc-client boinc-manager
et le tour est joué. BOINC est accessible via le menu Applications ⇒ Accessoires ⇒ BOINC Manager. En fait, vous avez installé le client (qui se charge tout seul au démarrage), et l’interface graphique. Vous n’êtes donc pas obligé de garder la fenêtre ouverte pour que votre ordinateur calcul ; ce n’est qu’une interface graphique.
Bon et puis comme je suis sympa, amis windowsiens & maceux, le logiciel est aussi disponible ici.
Pour qui calculer ?
Maintenant que le client est installé, il va falloir trouver des calculs
. Vous allez donc choisir à quels projets vous souhaitez participer. Chaque projet dispose d’un site internet qui servira à l’attacher à votre client. Prenons par exemple le célèbre Seti@home ; ce projet à besoin de vous pour analyser les données d’un télescope en vue de détecter une quelconque vie extraterrestre. Son site est http://setiathome.berkeley.edu/. Pour l’attacher à votre client, ouvrez BOINC. Allez dans Outils ⇒ Rejoindre un projet. Lisez la petite introduction et cliquez sur « Suivant ». Là, un champ texte attends que vous donniez l’adresse du site de votre projet. Rien de plus simple, tapez http://setiathome.berkeley.edu/ puis cliquez sur « Suivant ». Le client vérifie de quel projet il s’agit. Il affiche ensuite un formulaire. Vérifiez que le bouton « Non, nouvel utilisateur » est bien coché. Si ce n’est pas le cas, faites le. Entrez ensuite votre email et un mot de passe et… cliquez sur « Suivant » ! Le client va à nouveau communiquer avec le projet et, si tout se passe bien, votre navigateur s’ouvre sur le site du projet qui vous demande quelques informations supplémentaires. Vous pourrez accéder ensuite à votre compte pour ce projet dans l’onglet « Projets » du BOINC Manager (cliquez sur le nom et dans le menu de gauche sur « Votre compte » ou sur le nom pour accéder au site). Vous voilà attaché au projet, BOINC calcul certainement déjà. Chaque unité de travail (WU, pour Work Unit) est téléchargée, calculée puis renvoyée. Vous pouvez voir les unités de travailles qui vous ont été envoyée dans l’onglet « Tâches ». Vous y retrouvez le nom du projet, le temps restant, la date limite d’envoi (date avant laquelle il faut avoir fini les calculs, sinon ils ne seront pas comptabilisés) et l’état. Vous pouvez répéter l’opération pour vous attacher à plusieurs projet. Sachez aussi que BOINC ne calculs pas toutes les WUs en même temps : il en calcul une pendant un temps donné, puis une autre pendant un temps donné (qui n’est pas forcement le même), etc. Il faut aussi savoir que plus vous avez de projet, plus le temps pour calculer une WU sera long (logique, puisque plus de travail).
Concernant les WUs, il se peut que certains projet n’est momentanément plus besoin de vous (cela peut durer de quelques minutes à quelques années
). Ils ne vous envoient donc plus de travail. En tout cas, pour être sûr de calculer dès que possible, cochez la case « Toujours calculer » du menu « Activité ».
Je gagne quoi ?
Rien ! Vous aiderez la science, c’est déjà pas mal
. Mais bon, pour mettre un peu de piment dans l’affaire, à chaque calcul achevé avec succès vous sera envoyé un peu de crédit (qui ne sert à rien à part à faire des classements
). Vous pourrez donc comparer les pays entre eux, savoir qui calcul plus ou moins que vous, et même intégrer une équipe dont le seul et unique but (gnarf gnarf !) est de s’emparer de la première place… En parlant d’équipe, vous n’en avez pas… encore ! La plus importante équipe francophone est l’Alliance Francophone (ça ne s’invente pas
), je vous propose donc d’y entrer. Pour cela, sur les sites des projets où vous êtes sans équipes, rendez vous dans votre compte (« Your Account »). Quelque part sur la page il y a le mot « Team » avec à sa droite « None » (en clair, vous n’avez pas d’équipe
). Encore à droite, cliquez sur « Find a team ». Cherchez « L’Alliance » pour trouver « L’Alliance Francophone » (cliquez dessus). Vers le bas de la page, cliquez sur « Join », puis sur « Join team » et ça y est : vous êtes membre de l’Alliance Francophone (au troisième rang mondial, tout de même !). La manœuvre est à réitérer pour chaque projet auquel vous participez.
De plus, chaque membre de l’alliance francophone peut faire partie de « minis-équipes ». Il en existe de nombreuse (team est, équipe de la science, team Linux, …). Encore une fois, le seul but est de faire des classements avec les minis-équipes. Pour devenir membre d’une mini-team, il suffit de modifier son pseudo en quelque chose qui ressemble à ça : [AF>France>Est>Lorraine>Linux] Nicoz.
En clair, mon pseudo (oui, oui, c’est mon mien
) est Nicoz, et ce qui est entre crochet indique mes mini-teams. AF pour Alliance Francophone, France (il y a des minis-teams canadiennes, suisses, belges : on ne parle pas le français qu’en France !), Est pour la team Est, Lorraine… Bon, besoin de détails en plus ? Je vous conseille de rajouter au moins : [AF>France>Linux] avant votre pseudo (France si, bien sûr, vous êtes français
).
Pour les statistiques, rendez vous sur http://fr.boincstats.com/.
Voilà, j’espère avoir été clair, la liste de différents projet fera peut-être l’objet d’un prochain billet. Entre temps, calculez bien
.
Quelques liens…