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	<title>Nicoz</title>
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	<description>« Nous sommes faits de la vaine substance dont se forment les songes, et notre chétive vie est environnée d&#039;un sommeil. » - William Shakespeare</description>
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		<title>Démission</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Jul 2010 15:53:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicoz</dc:creator>
				<category><![CDATA[Général]]></category>
		<category><![CDATA[Cour Pénale Internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Droits de l'Homme]]></category>
		<category><![CDATA[Parlement]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-1380 aligncenter" title="Oradour" src="http://www.nicoz.tk/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/oradour.jpg" alt="Oradour" width="500" height="334" /></p>
<p>Hier, nous fêtions les 12 ans de la signature du <em>Statut de Rome</em>, adopté le 17 juillet 1998 dans la capitale italienne. Ce statut établit les règles de fonctionnement de la Cour Pénale Internationale&#160;; ils sont la base d&#8217;une justice pénale supranationale qui punirait, par-delà les frontières, les crimes les plus atroces que constituent les crimes de guerre, les génocides et les crimes contre l&#8217;humanité. Aujourd&#8217;hui, 111 pays sont États Parties au <em>Statut de Rome</em>. Reprenons le préambule de ce statut pour bien percevoir les enjeux de cette Cour Pénale Internationale&#160;:</p>
<blockquote><p><strong>Les États Parties au présent Statut,</strong></p>
<p><strong>Conscients</strong> que tous les peuples sont unis par des liens étroits et que leurs cultures forment un patrimoine commun, et soucieux du fait que cette mosaïque délicate puisse être brisée à tout moment,</p>
<p><strong>Ayant à l&#8217;esprit</strong> qu&#8217;au cours de ce siècle, des millions d&#8217;enfants, de femmes et d&#8217;hommes ont été victimes d&#8217;atrocités qui défient l&#8217;imagination et heurtent profondément la conscience humaine,</p>
<p><strong>Reconnaissant</strong> que des crimes d&#8217;une telle gravité menacent la paix, la sécurité et le bien-être du monde,</p>
<p><strong>Affirmant</strong> que les crimes les plus graves qui touchent l&#8217;ensemble de la communauté internationale ne sauraient rester impunis et que leur répression doit être effectivement assurée par des mesures prises dans le cadre national et par le renforcement de la coopération internationale,</p>
<p><strong>Déterminés</strong> à mettre un terme à l&#8217;impunité des auteurs de ces crimes et à concourir ainsi à la prévention de nouveaux crimes,</p>
<p><strong>Rappelant</strong> qu&#8217;il est du devoir de chaque État de soumettre à sa juridiction criminelle les responsables de crimes internationaux,</p>
<p><strong>Réaffirmant</strong> les buts et principes de la Charte des Nations Unies et, en particulier, que tous les États doivent s&#8217;abstenir de recourir à la menace ou à l&#8217;emploi de la force, soit contre l&#8217;intégrité territoriale ou l&#8217;indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies,</p>
<p><strong>Soulignant</strong> à cet égard que rien dans le présent Statut ne peut être interprété comme autorisant un État Partie à intervenir dans un conflit armé relevant des affaires intérieures d&#8217;un autre État,</p>
<p><strong>Déterminés</strong>, à ces fins et dans l&#8217;intérêt des générations présentes et futures, à créer une cour pénale internationale permanente et indépendante reliée au système des Nations Unies, ayant compétence à l&#8217;égard des crimes les plus graves qui touchent l&#8217;ensemble de la communauté internationale,</p>
<p><strong>Soulignant</strong> que la cour pénale internationale dont le présent Statut porte création est complémentaire des juridictions criminelles nationales,</p>
<p><strong>Résolus</strong> à garantir durablement le respect de la mise en œuvre de la justice internationale,</p>
<p><strong>Sont convenus de ce qui suit&#160;:</strong></p></blockquote>
<p>S&#8217;en suivent les treize chapitres du statut. La création d&#8217;une cour pénale internationale est donc la continuité de ce cri du cœur poussé depuis Nuremberg, de ce «&#160;plus jamais ça&#160;» hurlé dans le silence des consciences d&#8217;hommes qui ont brusquement entraperçu la possibilité du pire. Mais la cour ainsi instituée n&#8217;efface pas les États, elle n&#8217;est pas une force nucléaire juridique, elle n&#8217;a pas vocation à remplacer les juridictions nationales. Le préambule le souligne&#160;: «&#160;la cour pénale internationale dont le présent Statut porte création est  complémentaire des juridictions criminelles nationales&#160;», rappelant même «&#160;qu&#8217;il est du devoir de chaque État de soumettre à sa juridiction  criminelle les responsables de crimes internationaux&#160;». C&#8217;est un exemple d&#8217;application du principe de subsidiarité&#160;: les États <em>doivent</em> punir eux-mêmes les criminels internationaux, la Cour Pénale Internationale ne prenant le relais qu&#8217;en cas de défaillance, d&#8217;incapacité ou de mauvaise volonté de l&#8217;un d&#8217;eux.</p>
<p>La France (et les États européens dans une plus large mesure) est bien entendu signataire de la première heure de ce statut, elle en est aussi l&#8217;un des grands inspirateurs et défenseurs sur la scène internationale. Pourtant, <a href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/ta/ta0523.asp">la loi que notre Parlement a adopté</a> ce mardi 13 juillet, à la veille de notre fête nationale, et qui avait pour but d&#8217;adapter notre droit pénal à la cour pénale internationale traduit une véritable démission de notre pays&#160;; démission d&#8217;un engagement plusieurs fois centenaire en faveur des droits de l&#8217;homme, et démission aussi d&#8217;une volonté de faire émerger une justice supranationale digne de ce nom. Sans que cela n&#8217;émeuve plus que ça les médias, trop occupés qu&#8217;ils sont à osciller entre marronnier caniculaire et feuilleton de l&#8217;été Bettencourt-Woerth.</p>
<p>Il aura donc fallu douze années à la France pour adapter son droit pénal à ce statut. Et cette adaptation laisse à désirer, et même pire&#160;: elle est choquante. <a href="http://www.bakchich.info/Genocidaires-bienvenus-en-France,11333.html">«&#160;Génocidaires, bienvenue en France&#160;!&#160;»</a>, lançait bakchich.info en titre d&#8217;un article publié le 7 juillet. Loin d&#8217;être provocant, ce titre reflète, ni plus ni moins, la réalité de la loi votée. En effet, si elle est bien une avancée dans le sens où elle fait enfin rentrer dans notre code pénal les crimes contre l&#8217;humanité, les crimes de guerre et les génocides, elle établit aussi quatre obstacles, quatre «&#160;verrous&#160;», qui empêchent dans les faits quasiment toute poursuite d&#8217;un présumé criminel de guerre en France.</p>
<p>Contre la philosophie même du <em>Statut de Rome</em>, tout d&#8217;abord&#160;: elle inverse le principe de subsidiarité. Alors que c&#8217;est à la juridiction de l&#8217;État de poursuivre d&#8217;abord les personnes soupçonnées des crimes évoqués avant selon les «&#160;considérant&#160;» du statut, la loi votée dispose que c&#8217;est seulement si la Cour Pénale Internationale renonce expressément à poursuivre l&#8217;auteur présumé des faits qu&#8217;on pourra le faire en France. C&#8217;est contraire à l&#8217;idée même du statut, qui donne aux juridictions nationales la priorité, respectant en cela de manière exemplaire le principe de subsidiarité, et cela dénote bien le manque de volonté du gouvernement, qui ne pouvait pas mieux s&#8217;y prendre pour bien faire comprendre qu&#8217;il adapte notre loi pénale à reculons. Premier verrou.</p>
<p>Deuxième obstacle à toute poursuite&#160;: la condition de résidence habituelle. La loi ne permet en effet de poursuivre qu&#8217;une «&#160;personne qui réside habituellement sur le territoire de la République&#160;». Si un génocidaire est de passage en France, nous ne pourrions donc rien y faire, puisqu&#8217;il ne prendra évidemment pas le risque d&#8217;y établir sa résidence habituelle. Les dirigeants africains, dont certains sont des criminels de guerre ou des génocidaires reconnus, pourraient donc continuer de venir séjourner en France et faire leurs emplettes aux Champs-Élysée sans risque&#8230; Le courage politique a ses limites.</p>
<p>De plus, et c&#8217;est là un troisième verrou, l&#8217;auteur présumé de génocides, crimes de guerre ou contre l&#8217;humanité ne peut faire l&#8217;objet de poursuites que «&#160;si les faits sont punis par la législation de l’État où ils ont été commis&#160;». La loi votée par nos parlementaires pose donc une condition de double incrimination&#160;: il faut que le crime soit puni en France et dans le pays où il est commis. Cette disposition est des plus choquantes&#160;; en effet, bien souvent, la législation des États où ils ont lieu facilite et permet les crimes contre l&#8217;humanité&#160;: la Shoah en est une bien triste preuve, comme le montrent les lois raciales nazies. Moins pessimiste, bien des États n&#8217;ont tout simplement pas encore inscrit dans leur droit pénal les crimes évoqués ici&#160;; la France, patrie des droits de l&#8217;homme, n&#8217;a-t-elle pas attendu mardi dernier pour le faire&#160;?&#8230;</p>
<p>Enfin, quatrième et dernier verrou, sans doute le plus choquants&#160;: le monopole des poursuites est confié au Parquet, allant contre toute la tradition juridique française&#160;: le Parquet seul pourra engager les poursuites. Les victimes, en France, peuvent déclencher les poursuites, qu&#8217;on leur ait volé un vélo ou coupé un bras, mais cela ne sera pas possible si l&#8217;on est victime de crimes de guerre, de génocides ou de crimes contre l&#8217;humanité. Entendez bien&#160;: pour les plus graves des crimes, on retirera aux victimes la possibilité d&#8217;engager des poursuites, les victimes de tels crimes ne pourront pas se constituer partie civile. Qui plus est, le Parquet dépend directement du pouvoir, et on connait sa frilosité en la matière. N&#8217;imaginez pas qu&#8217;on vienne embêter les dirigeants africains, nos «&#160;amis&#160;», en vacances chez nous&#8230;</p>
<p>On touche sans doute là du doigt les raisons de l&#8217;établissement de tels verrous&#160;: préserver nos relations diplomatiques. On sacrifie sur l&#8217;autel de nos relations diplomatiques les droits de l&#8217;homme qui nous sont pourtant si chers. Le courage politique a déserté les tribunes des deux assemblées de notre Parlement. Oui, si nous avions vraiment voulu défendre les droits de l&#8217;homme, défendre une justice pénale supranationale, nous aurions pu produire une belle loi. Bien sûr, les chaises des sommets «&#160;Afrique - France&#160;» auraient été plus clairsemées, ça aurait fait moins beau aux 20 heures des grandes chaînes, et on aurait perdu quelques intérêts économiques. Mais cela vaut bien notre engagement pluri-centenaire en faveur des droits de l&#8217;homme. Trop souvent, on sacrifie nos idéaux à nos relations. Cette loi en est un nouvel exemple, et un bien triste exemple.</p>
<p>La France a donc choisi. Cette «&#160;terre d&#8217;accueil&#160;» qui ne l&#8217;est plus, qui renvoie à leur terrible sort et expulse sans ménagement nombre d&#8217;immigrés, Érythréens, Afghans, et j&#8217;en passe, fuyant guerres et conditions de vie insoutenables, voire, génocides, a donc décidé de rester un refuge, l&#8217;un des derniers, pour les criminels internationaux. C&#8217;est profondément choquant. Car la question qui se pose à nous, Français, qui avons vu périr dans le feu d&#8217;Oradour femmes et enfants, qui avons été aux premières loges de l&#8217;extermination des juifs, des tziganes, des homosexuels lors de la Seconde Guerre mondiale, qui avons même participé à ces massacres comme en témoigne la rafle de Vel&#8217; d&#8217;Hiv, est la suivante&#160;: doit-on se satisfaire que l&#8217;on renvoie chez eux les victimes, par charters entiers, tout en permettant le séjour serein de leurs bourreaux&#160;?</p>
<p>Image de l&#8217;article par <a href="http://www.flickr.com/photos/caspermoller/">caspermoller</a>, licence creative common BY.</p>
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		<title>«&#160;L&#8217;amour est à réinventer&#160;»</title>
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		<pubDate>Tue, 13 Jul 2010 16:30:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicoz</dc:creator>
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		<description><![CDATA[«&#160;Aimer, ce n&#8217;est pas se regarder l&#8217;un l&#8217;autre, c&#8217;est regarder ensemble dans la même direction.&#160;» - Antoine de Saint-Exupéry Comment parler d&#8217;amour sans passer pour un moraliste&#160;? Comment en parler sans passer, non plus, pour un réac ressassant un passé, un âge d&#8217;or&#160;? C&#8217;est difficile. Mais j&#8217;essaie. Portons donc un regard sur l&#8217;amour, un regard [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: right;">«&#160;Aimer, ce n&#8217;est pas se regarder l&#8217;un l&#8217;autre, c&#8217;est regarder ensemble dans la même direction.&#160;»<br />
- Antoine de Saint-Exupéry</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-1357 aligncenter" title="L'amour est à réinventer" src="http://www.nicoz.tk/wordpress/wp-content/uploads/2010/07/4164759025_da547a9341.jpg" alt="L'amour est à réinventer" width="500" height="348" /></p>
<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } -->Comment parler d&#8217;amour sans passer pour un moraliste&#160;? Comment en parler sans passer, non plus, pour un réac ressassant un passé, un âge d&#8217;or&#160;? C&#8217;est difficile. Mais j&#8217;essaie. Portons donc un regard sur l&#8217;amour, un regard naïf et niais, un regard ringard aussi, un regard pessimiste sans doute. Mais un regard qui aura le mérite, grand s&#8217;il en est, d&#8217;être sincère.</p>
<p>Les femmes sont avec leur liberté nouvellement acquise comme ces adolescents qui découvrent l&#8217;alcool&#160;: elles en aiguillonnent les limites, en abusent, et tombent dans les mêmes travers que les hommes. Car la parité&#160;; l&#8217;égalité entre les hommes et les femmes est une avancée qui couve une déchéance terrible, dont elle est loin d&#8217;être la seule cause&#160;: la mort du sentiment amoureux. «&#160;Dieu est mort&#160;», écrivait Nietzsche en son temps. Écrivons quant à nous un constat beaucoup moins enthousiasmant&#160;: l&#8217;amour est mourant.</p>
<p>En mai 68, entre deux pavés et quelques barricades, s&#8217;est amorcée une période d&#8217;une dizaines d&#8217;années, allant de cet élan libertaire qui s&#8217;est traduit en véritable révolution sexuelle et de la découverte de la pilule à l&#8217;apparition du virus du Sida&#160;: la parenthèse enchantée. Une dizaine d&#8217;années à «&#160;jouir sans entrave&#160;», Woodstock en grand-messe, sonnant le début d&#8217;un consumérisme sexuel. Car le pendant mauvais de ce formidable gain de liberté est double&#160;: d&#8217;une part un libéralisme amoureux, qui rend l&#8217;amour vrai mais au prix de la sincérité&#160;; d&#8217;autre part le déclin du sentiment pour un omnisexualisme vulgaire et déplaisant.</p>
<p>Le premier pendant négatif est, en réalité, tout de même une avancée, plaçant l&#8217;homme face à la froideur vertigineuse d&#8217;une vraie liberté. Car désormais émancipés, les hommes peuvent aimer vraiment, par amour, et non par contrainte&#160;; le temps où le père choisissait le mari de sa fille est révolu. L&#8217;évolution se fait du mariage de raison, du mariage plat et intéressé, du mariage inerte à ce que Bruckner appelle dans <em>le paradoxe amoureux</em> «&#160;le noble défi du mariage d&#8217;inclination&#160;». Aimer enfin par amour, voilà ce que cette évolution promet. Plus authentique, plus sincère, mais donc, plus violent aussi&#160;: je t&#8217;aime, je suis avec toi&#160;; je ne t&#8217;aime plus, je te jette. C&#8217;est le prix à payer de la sincérité, un prix qui peut paraître cher mais qui donne sa valeur même au sentiment amoureux. Mais c&#8217;est aussi une dérive qui fait courir le risque d&#8217;un amour-marché. L&#8217;autre est consommé comme n&#8217;importe quel bien autant qu&#8217;on nous consomme. Finalement simple objet chacun pour l&#8217;autre, voilà où peut dériver cette vertigineuse conquête d&#8217;honnêteté.</p>
<p>Le second pendant négatif est une aberration, une décrépitude du sentiment pour le sexe, un sexe fade, aseptisé. Et paradoxalement, le sexe libéré est un enfermement nouveau&#160;: celui de la pornocratie. Nous sommes inondés d&#8217;images, de vidéos, d&#8217;idées sexuelles dès notre plus jeune âge, sur Internet, à la télé, dans les revues. Exemple révélateur de notre époque&#160;: on diffuse même la bande annonce de <em>Dirty Diaries</em> avant <em>Prince of Persia</em>, devant une salle qui compte bien des enfants&#8230; Faut-il s&#8217;en plaindre&#160;? Faut-il se plaindre de cette tendance à tout montrer, à poils sans poils pour reprendre la remarque de Catherine Millet dans <em>Philosophie Magazine</em>&#160;? Faut-il se plaindre de cette libération du sexe, partout diffusé, banalisé&#160;? À première vue, non. Mais on a cependant au moins deux raisons de s&#8217;inquiéter&#160;: l&#8217;illusion de sexe ainsi entretenue, qui enferre les hommes en les faisant passer pour libres, et le remplacement du sentiment amoureux par une basse sexualité animale.</p>
<p>L&#8217;avènement de la pornographie est aussi l&#8217;avènement d&#8217;un sexe aseptisé, télégénique, loin des réalités&#160;; au fond, d&#8217;un sexe inhumain. Et c&#8217;est pourtant ce que l&#8217;on balance sur les écrans qui nous entourent et nous étouffent, c&#8217;est pourtant le seul modèle qu&#8217;on offre aux jeunes. On leur présente un faux-sexe, fait de violences, de femmes-objets, d&#8217;absence de poils, de relations en nombre, d&#8217;irrespect de l&#8217;autre&#160;; on leur présente, au fond, le sexe qui correspond à l&#8217;amour libéral&#160;: le sexe où l&#8217;autre n&#8217;est qu&#8217;objet, «&#160;sac à foutre&#160;», bien de consommation&#160;; le sexe sans amour dont on fait tout l&#8217;amour. Et comment réagissent-ils, ces jeunes, ces enfants dès l&#8217;enfance par le sexe habités lorsqu&#8217;ils le découvrent vraiment&#160;? Pornographie, immense fossé entre le réel et le fantasme sans sentiment, fossé vertigineux que la pornographie elle-même nous force à traverser&#8230; «&#160;Le sexe n&#8217;est pas l&#8217;amour, ce n&#8217;est qu&#8217;un territoire  que l&#8217;amour s&#8217;approprie&#160;», écrivait Kundera. Force est de constater qu&#8217;aujourd&#8217;hui, l&#8217;amour est plutôt un prétexte que s&#8217;approprie le sexe&#8230;</p>
<p>Et ce sexe omniprésent en devient fade, insipide. Car le sexe banalisé est un sexe sans intérêt&#160;; c&#8217;est un sport de plus, qui n&#8217;a plus ni le goût de l&#8217;intimité, ni la délicatesse d&#8217;une concrétisation amoureuse, ni le mystérieux d&#8217;un nouveau continent encore inexploré. Plus n&#8217;est besoin de créativité lorsque nos comportements sont dictés par les films. Fini le mystère excitant au pays où tout est nu.</p>
<p>Pire, ce sexe est culte du beau, du lisse, du net, du gros. Il nourrit un idéal irréel, en recouvre le papier glacé des magazines féminins et l&#8217;imprime sur les pellicules de nos films les plus anodins. Il y a le beau, des canons inébranlables, et le vulgaire, qui tente par tous les moyens de l&#8217;imiter. Chirurgie esthétique, régimes, vêtements de mode, coiffures, maquillages, tous les subterfuges sont bons pour changer son apparence. Et son apparence seulement, car le sexe a vidé l&#8217;amour de tout sentiment. On n&#8217;aime plus, on désire un corps. Un corps comme un objet, on en revient à la vision bassement matérialiste du sexe à notre époque&#8230; Malheur à celui qui n&#8217;a pas le corps qu&#8217;il faut, car le couperet de l&#8217;amour libéré est alors froid et net. Moches, laids, ou plutôt&#160;; ceux qui ne ressemblent pas à la beauté couchée sur le papier glacé n&#8217;ont plus qu&#8217;à dépérir dans la solitude miséreuse qu&#8217;impose à leur esprit leur corps tant rejeté. Et dans les corps, les esprits délaissés sont abandonnés à leur seule tristesse. La libération sexuelle orgiaques réunit les corps, les emmêle si tant est qu&#8217;ils soient beaux, mais éloigne les hommes les uns des autres. On a sans doute jamais autant fait l&#8217;amour à deux, trois, cinq, dix, vingt&#160;; on a sans doute jamais été, aussi, si seuls. Concrétisation ultime de nos sociétés individualistes poussées par le consumérisme&#8230;</p>
<p>Qui plus est, cette brutale omnisexualité enferme les hommes dans une illusion de liberté. Car si elle semble les rendre plus libres, libres de jouir sans entrave, elle leur impose en fait un nouveau modèle, un nouvel exemple. Tous ont les mêmes comportements, la scène est typique, inlassablement répétée dans tous les films pornos, intégrables presque tous dans le schéma suivant&#160;: pipe – baise – éjaculation faciale. La liberté, est-ce cet unique choix&#160;? Bien sûr que non&#160;! L&#8217;hypo-sexualité est vue comme une faiblesse, une maladie. L&#8217;hyper-sexualité aussi. Une bien drôle de liberté qui ne laisse de choix que dans une mince bande de possibles&#8230;</p>
<p>Reste un troisième point qui peut changer notre regard sur cette exponentiel développement du sexe, mis en lumière par Aldous Huxley dans <em>le meilleur des mondes</em>&#160;: «&#160;À mesure que diminue la liberté économique et politique, la liberté sexuelle a tendance à s&#8217;accroître en compensation.&#160;» Cette omnisexualisation du monde n&#8217;est-elle pas la réponse, le cri de révolte, le soupir des créatures opprimées que sont les hommes à l&#8217;ère du capitalisme de masse&#160;? Ne trouve-t-on pas dans le sexe, comme dans le football, comme dans la religion en son temps, un nouvel opium du peuple&#160;? <em>Sex, drugs &amp; rock&#8217;n&#8217;roll</em>, non pas affirmation de liberté, mais dernier îlot d&#8217;oubli dans le désespoir d&#8217;un monde qui nous échappe, nous dépasse, nous renie.</p>
<p>En écho à cette révolution des mœurs, on observe un changement de la condition des femmes. Car si les hommes en général sont sexuellement plus libres, la femme en particulier s&#8217;émancipe elle aussi. Et elle aussi jouit sans entrave, en conséquence néfaste du féminisme. Comme souvent, face à un extrémisme nait, comme pour le contrebalancer, un autre extrémisme, sans que ni l&#8217;un ni l&#8217;autre ne soit la solution. Et ça n&#8217;a pas manqué&#160;: face au machisme d&#8217;un autre temps qui place l&#8217;homme supérieur à la femme est apparu un féminisme extrême, non pas voulant l&#8217;égalité, mais déboulonnant l&#8217;homme <em>ad nauseam</em>, le réduisant, l&#8217;annihilant, le combattant comme une bête qui trop longtemps nous a asservi. Le féminisme se trompe, il est pourri à la base car il reproduit le même défaut que la machisme&#160;: la négation de l&#8217;égalité. Oui à l&#8217;égalité entre les hommes et les femmes, qui a certes profité du féminisme, mais qui n&#8217;est pas atteinte aujourd&#8217;hui&#160;; non à la supériorité d&#8217;un sexe sur un autre&#160;; non, donc, au féminisme et au machisme.</p>
<p>Par ce changement dans la condition des femmes, la femme est devenue homme&#160;; elle est devenue «&#160;chienne&#160;», «&#160;salope&#160;» revendiquée. Elle répond au concept de femme-objet par celui d&#8217;homme-objet&#160;; elle tourne, pour en revenir à <em>Dirty Diaries</em>, ses propres pornos&#160;; elle transcrit l&#8217;omnisexualisation du monde plus encore que les hommes, en string, poitrine gonflée à coups de silicone. La femme est devenue homme par la liberté sexuelle, mais elle a aussi copié les travers des hommes, en les amplifiant du même coup.</p>
<p>On pourrait pourtant se demander où s&#8217;est cachée la morale. En effet, la libération sexuelle, amoureuse, n&#8217;est pas antagoniste à la morale. Bien au contraire, en imposant le défi de l&#8217;amour vrai, du mariage d&#8217;inclination, on met fin aux mariages arrangés propices à l&#8217;adultère de nos anciennes sociétés. Et pourtant, les comportements actuels ont de quoi faire peur&#160;: tromperies, tests de fidélités, «&#160;plans culs&#160;», largages par sms (le jour de l&#8217;anniversaire, un must apparemment). La libération sexuelle n&#8217;a pas rendu l&#8217;amour plus vrai comme on l&#8217;aurait attendu, elle n&#8217;a pas retiré ses verrues d&#8217;adultère à l&#8217;amour des nos vieilles sociétés. Au contraire, elle l&#8217;a rendu pire encore. Pourquoi&#160;? Après ce que j&#8217;ai pu évoqué, la réponse est presque directe&#160;: le sentiment amoureux s&#8217;est effacé au profit de l&#8217;omnisexualité, il s&#8217;est enferré de lui-même dans notre monde de capitalisme et de matérialisme. Plus de respect, uniquement la jouissance. Et à ce jeu, les femmes «&#160;libérées&#160;» sont plus hardies encore, toutes excitées qu&#8217;elles sont par cette liberté trop longtemps refusée à elles.</p>
<p>Pourtant, peut-on imaginer de vrai amour sans respect de l&#8217;autre&#160;? Peut-on imaginer de l&#8217;amour uniquement physique, uniquement sexuel&#160;; doit-on se résigner à enterrer le sentiment amoureux, comme un archaïsme à jeter&#160;? Les idées préconçues vont dans ce sens, l&#8217;homme un peu trop sentimental se voyant bien vite taxé ironiquement de romantique. Pour peu que l&#8217;on évoque le sentiment amoureux, on s&#8217;entend moqué, caricaturé, trop «&#160;fleur bleue&#160;».</p>
<p>Alors, nous l&#8217;affirmons&#160;: vive le sentiment amoureux, même décadent. Croyons niaisement à l&#8217;amour vrai, défendons, anachroniques perdus que nous sommes, l&#8217;amour vrai. Refusons le sexe à tous les étages proposé par nos sociétés modernes. <em>«&#160;L&#8217;amour est à réinventer&#160;»</em>, écrivait Rimbaud. Réinventons-le continuellement. La liberté sexuelle portée depuis mai 68 est un cadeau, sachons en être à la hauteur&#160;: le plus beau moyen d&#8217;exploiter ce cadeau, c&#8217;est d&#8217;aimer, pas de baiser. Dans notre société ultra-libéraliste, omnisexuelle, pornocratique, créons-nous liberté. Résistons, non pas à l&#8217;évolution vers plus de liberté, mais à la déchéance d&#8217;une liberté consommée comme de l&#8217;alcool en <em>binge drinking</em>. Redonnons sens à la phrase de Kundera&#160;: c&#8217;est à l&#8217;amour se s&#8217;approprier le sexe, pas l&#8217;inverse.</p>
<p>Image de l’article par <a href="http://www.flickr.com/photos/brandoncwarren/">Brandon Christopher Warren</a>, licence creative common BY - NC.</p>
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		<title>Il n&#8217;y aura pas de carrière à Hoff</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Jun 2010 18:47:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicoz</dc:creator>
				<category><![CDATA[Général]]></category>
		<category><![CDATA[Carrière]]></category>
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		<description><![CDATA[Ce lundi 28 juin s&#8217;est tenu à la mairie de Sarrebourg un conseil municipal à l&#8217;occasion duquel Roland Klein a annoncé que les carottages effectués dans la forêt de Hoff ces dernières semaines révélaient un sol inadapté à la construction d&#8217;une carrière. Il n&#8217;y aura donc pas de carrière dans la forêt de Hoff, qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce lundi 28 juin s&#8217;est tenu à la mairie de Sarrebourg un conseil municipal à l&#8217;occasion duquel Roland Klein a annoncé que les carottages effectués dans la forêt de Hoff ces dernières semaines révélaient un sol inadapté à la construction d&#8217;une carrière. Il n&#8217;y aura donc pas de carrière dans la forêt de Hoff, qui demeurera ainsi préservée.</p>
<p>La question ne s&#8217;est pas trop faite attendre. Après quelques dizaines de minutes de débats, Jean-Yves Schaff interpelle le maire, Alain Marty (UMP), au sujet des forages découverts dans la forêt de Hoff, s&#8217;étonnant au passage d&#8217;avoir été mis au courant par des habitants et non par la mairie. Il rajoute ne pas comprendre qu&#8217;on détruise une forêt pour récupérer des pierres alors que les carrières alentours auraient apparemment suffi. Le maire a donc tenté de s&#8217;expliquer, recyclant les arguments fallacieux développés par Roland Klein dans le <em>Républicain Lorrain</em> puis sur <em>Virgin Radio Sarrebourg</em>, avant de nous annoncer que, «&#160;de toute façon&#160;», les forages prospectifs n&#8217;ont rien donné. Propos complétés ensuite par Roland Klein lui-même.</p>
<p>M. Marty nous a tout d&#8217;abord gratifié d&#8217;un bel amalgame, nous disant qu&#8217;on ne peut pas être pour la LGV et contre sa construction, comme si ne pas vouloir que l&#8217;on détruise une forêt pour chercher des cailloux, c&#8217;était refuser le TGV&#160;; comme s&#8217;il ne pouvait y avoir d&#8217;autres moyens de procéder pour construire cette ligne que de mettre à mal l&#8217;environnement (l&#8217;achèvement de la LGV n&#8217;est-il pas un point du «&#160;Grenelle&#160;» de l&#8217;environnement&#160;?). Au fond, tout est bon au nom de la LGV, et toute personne qui critiquerait un tant soit peu le déroulement des travaux serait un affreux hérétique LGV-phobe, technophobe ou que sais-je&#160;: hors le sentier prévu, point de salut&#160;; toute autre solution, fut-elle meilleure, étant allègrement balayée d&#8217;un revers de manche, son défenseur étiqueté au passage d&#8216;«&#160;anti-LGV&#160;», comme excommunié, pestiféré. Or, non, nous ne sommes pas contre la LGV. Mon père conduira le TGV est-européen (je dis cela en écho à Roland Klein, qui nous apprenait ce soir que sa mère était née à Sarraltroff&#160;!), et je suis enthousiasmé par cette ligne nouvelle qui contracte l&#8217;espace. Mais ne cédons pas pour autant à la dictature de sa construction à tout prix&#160;: au lieu de raser des hectares de forêts, on aurait pu importer les pierres des carrières alentours, elles auraient suffi. Eh quoi&#160;! Cette proposition empêche-t-elle la construction de la ligne nouvelle&#160;? Évidemment, non&#8230;</p>
<p>L&#8217;argument de la solidarité a aussi, de nouveau, été invoqué. Cette fameuse solidarité, cette <em>affabulation de solidarité</em> plutôt, qui veut que nous gardions la carrière et ses avantages économiques pour ne laisser aux Sarraltroffois que les désagréments des passages de camions, et que j&#8217;ai déjà décrite dans mon précédent billet. On nous a répété, par ailleurs, que ces parcelles étaient vides d&#8217;arbres, ravagées qu&#8217;elles ont été par la tempête de 1999. Or c&#8217;est faux, j&#8217;ai les photos de  ces parcelles <em>boisées</em>. Répéter inlassablement une contre-vérité ne la rendra jamais vraie&#8230; Enfin, on a tenté de minimiser cette carrière dans notre forêt, qui ne ferait «&#160;de toute façon que 4 ou 5 hectares&#160;», ne «&#160;durerait que 3 ans&#160;» et serait «&#160;entièrement réhabilitée&#160;» (parce qu&#8217;évidemment, les arbres repoussent et les trous se rebouchent d&#8217;un claquement de doigts). Dans ce cas, d&#8217;ailleurs, si c&#8217;est une si petite carrière, celles alentours auraient pu nous fournir&#8230; D&#8217;autre part, si ridicule, notre carrière aurait-elle été vraiment utile&#160;? Évidemment, non&#8230;</p>
<p>Et M. Marty de voler au secours d&#8217;un Roland Klein mis à mal, en accusant l&#8217;opposition municipale de récupération politique (mais c&#8217;est là avouer à demi-mot qu&#8217;il y a récupération possible, c&#8217;est-à-dire, que le comportement majoritaire n&#8217;est pas clair&#8230;), lui prêtant l&#8217;intention de «&#160;faire la fête à Roland Klein&#160;» pour reprendre l&#8217;expression du maire, qui s&#8217;insurgeait d&#8217;un «&#160;acharnement&#160;» contre Roland Klein. Pourtant, c&#8217;est bel et bien Roland Klein qui a signé l&#8217;autorisation de forages prospectifs dans la forêt de Hoff. Qui plus est, c&#8217;est lui qui a répondu aux questions du <em>Républicain Lorrain</em>, et c&#8217;est lui aussi qui s&#8217;est exprimé sur <em>Virgin Radio</em>. Il est donc normal que ce soit lui qui soit mis en cause, que ce soient ses propos que l&#8217;on discute, ses arguments ridicules (car ils l&#8217;ont souvent été) que l&#8217;on démonte. Sauf, bien sûr, à refuser toute critique. Vit-on aujourd&#8217;hui dans une dictature dans laquelle les élus ne sont plus responsables de leurs actes, et dont on ne peut plus critiquer les décisions&#160;? Évidemment, non&#8230;</p>
<p>Dans cette veine, le maire a reproché à Jean-Yves Schaff l&#8217;utilisation du verbe «&#160;parader&#160;» dans sa contribution au bulletin municipal. Celui-ci avait en effet parlé de Roland Klein qui «&#160;paradait en tête&#160;» du cortège à Sarraltroff. M. Marty est dès lors monté sur ses grands chevaux, dénonçant une attaque personnelle, accusant même M. Schaff d&#8217;ignorer le sens du mot «&#160;parader&#160;», et allant jusqu&#8217;à lui proposer de lui offrir, comme il le fait aux écoliers qui quittent le CM2 pour aller en sixième, un dictionnaire&#8230; Cette dernière attaque, on en conviendra, était bien plus basse que l&#8217;utilisation, somme toute assez naturelle, du mot «&#160;parader&#160;» lorsqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une personne en tête d&#8217;une manifestation. Cela suffit, je crois, à démontrer le ridicule des gesticulations de la majorité ce soir, qui critique une attaque personnelle qui n&#8217;en est pas vraiment une en y répondant par une bassesse bien plus ridicule, digne des cours de récréation&#8230; de CM2&#160;! Est-ce cela que l&#8217;on attend de notre majorité, qu&#8217;elle n&#8217;écoute pas les élus de l&#8217;opposition&#160;? Qu&#8217;elle joue sur les mots, et se livre à des gamineries, des petites attaques mesquines, en lieu et place de s&#8217;occuper des affaires de la ville&#160;? Évidemment, non&#8230;</p>
<p>Toutes ces gesticulations n&#8217;ont en tout cas pas effacé l&#8217;évidence&#160;: le rapport sur les carottages, dont on nous dit qu&#8217;il fait une quarantaine de pages, offre une conclusion sans appel, lue publiquement ce soir par Roland Klein en personne&#160;: le site de la forêt de Hoff ne peut pas être retenu pour l&#8217;installation d&#8217;une carrière. C&#8217;est la seule bonne, excellente même, nouvelle de la soirée&#160;: il n&#8217;y aura pas de carrière dans la forêt de Hoff, qui restera donc préservée. Et ce malgré les mauvaises intentions des élus de notre majorité.</p>
<p>Car les résultats négatifs de ces forages n&#8217;effacent pas les conditions dans lesquelles ils ont été faits. Le conseil municipal n&#8217;était pas au courant, M. Schaff en a pris connaissance en les voyant, le <em>Républicain lorrain</em> n&#8217;aurait rien su sans intervention providentielle. Bonjour la transparence au pays de Sarrebourg&#8230;</p>
<p>Ces résultats n&#8217;effacent pas, non plus, le risque de carrière qui plane sur Sarraltroff, et contre lequel il faut continuer de se battre. Mais là, une fois n&#8217;est pas coutume, la majorité municipale est de notre côté. Et je continue, pour ma part, à soutenir les Sarraltroffois&#160;: la carrière ne se fera à Hoff. Elle ne doit pas se faire, non plus, à Sarraltroff.</p>
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		<title>Trahison</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Jun 2010 22:19:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicoz</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>La réponse à la question qui concluait la nuit dernière mon billet ne s&#8217;est pas faite attendre, paraissant ce matin dans le <em>Républicain Lorrain</em> et confirmant les rumeurs qui courraient depuis une semaine à Hoff&#160;: c&#8217;est Roland Klein, premier adjoint UMP au maire de Sarrebourg, qui a signé à Guintoli l&#8217;autorisation de sonder le sous-sol de notre forêt, bel et bien dans l&#8217;idée d&#8217;en faire une carrière. C&#8217;est donc ce Hoffois, cet enfant du village qui a marché à nos côtés contre une carrière à Sarraltroff, qui signe aujourd&#8217;hui le potentiel arrêt de mort de sa forêt. Cela sonne comme la trahison d&#8217;une population par l&#8217;un des siens&#160;; la trahison de son village par un Hoffois.</p>
<p>«&#160;Je suis sûr à 95&#160;% que le projet de carrières à Sarraltroff [sic] sera accordé car ce n&#8217;est qu&#8217;une carrière provisoire et qu&#8217;en plus, cela revêt un caractère d&#8217;utilité publique.&#160;» De deux choses l&#8217;une&#160;: ou bien il nous dit que la carrière à Sarraltroff se fera bien, et qu&#8217;il en est quasiment sûr&#160;: dès lors il est absurde de laisser Guintoli sonder notre forêt&#160;; ou bien, comme je le pense, notre formidable journal a-t-il écrit Sarraltroff où il faudrait lire Sarrebourg, et cela serait alors choquant, notre adjoint au maire affirmant sa quasi-certitude de voir notre belle forêt disparaître pour quelques pierres. Quelques pierres et sans doute plus, d&#8217;ailleurs, je doute en effet qu&#8217;on délaisse une carrière creusée une fois la ligne terminée.</p>
<p>Pour justifier ensuite l&#8217;emplacement de ce projet de carrière, Roland Klein affirme qu&#8217;il n&#8217;y a dans la zone «&#160;plus d&#8217;arbre debout. C&#8217;est un reliquat, selon lui, de la tempête de 1999.&#160;» La phrase relève presque de l&#8217;humour vis-à-vis de la photo de Laurent Mami publiée par le journal, qui montre la foreuse&#8230; entourée d&#8217;arbres&#160;! On le voit aussi sur mes photos des forages&#160;: non seulement il reste des arbres debout, mais ils sont de plus légion. M. Klein aurait-il délaissé le souci d&#8217;honnêteté qui devrait être celui de tous nos élus au point de ne pas s&#8217;être donné la peine de décrire notre forêt&#160;; sa forêt sans mensonge&#160;? Ou bien s&#8217;est-il tellement détaché de nous et de cette forêt qu&#8217;il n&#8217;est tout simplement plus capable de la décrire correctement&#160;?</p>
<p>Plus terrible encore, le premier adjoint au maire tente d&#8217;apparaître, avec ce projet, comme un sauveur providentiel de Sarraltroff, soudain épris d&#8217;une générosité sans borne qui n&#8217;est pas sans susciter quelques interrogations. Il met en effet en exergue «&#160;une certaine solidarité avec Sarraltroff&#160;», se demandant «&#160;pourquoi Sarraltroff subirait-il tout&#160;?&#160;» Sauf que justement, pour faire passer la pilule aux habitants de Hoff, Roland Klein se sent obligé d&#8217;insister sur le fait que l&#8217;on ne récupère pas la misère contre laquelle nous nous sommes battus à Sarraltroff&#160;: pour Roland Klein, selon le <em>Républicain Lorrain</em>, Sarraltroff «&#160;ne serait cependant pas épargné en passages de camions si ce second projet devait se faire.&#160;» Alors, pourquoi la faire chez nous, par solidarité, s&#8217;ils continuent d&#8217;en subir les embarras&#160;? D&#8217;autant plus, comme le souligne notre canard favoris, que «&#160;c&#8217;est aussi un endroit moins proche de Sarrebourg que de Sarraltroff&#160;».</p>
<p>Comprenons dès lors la vision de la solidarité en vogue chez notre cher adjoint&#160;: on prend la carrière sur notre territoire, et nous apparaissons ainsi comme des gentils sauveurs qui allons supporter sur nos épaules les maux de nos voisins. Mais ce paternalisme a ses limites&#160;: on vous laisse les désagréments, n&#8217;étant intéressés que par les retombées économiques. Et tant pis si nous, Sarrebourgeois, foutons en l&#8217;air la petite forêt de ces Hoffois, l&#8217;argent rend ces quelques arpents boisés ridicules face à notre intérêt économique. Nous sommes donc face à un discours trouble, emprunt d&#8217;un étonnant élan de solidarité lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de se racheter une virginité médiatique et de justifier la carrière, et qui cache des aspirations bien plus matérielles que la simple solidarité. Le <em>Républicain Lorrain</em>, une fois n&#8217;est pas coutume, ne s&#8217;y trompe pas&#160;: «&#160;Ce plan B imaginé par la municipalité sarrebourgeoise aurait aussi l&#8217;avantage d&#8217;injecter dans les finances publiques les compensations financières versées par Guintoli [on se doute qu&#8217;elles doivent être faramineuses], puisque le site exploité serait communal.&#160;» Soyons plus lucides&#160;: ce plan B aurait <em>surtout</em> l&#8217;avantage de renflouer les caisses de notre commune. La solidarité a bon dos&#160;; son exploitation pour masquer la recherche avide d&#8217;argent est parfaitement répugnante.</p>
<p>J&#8217;ai dit hier pourquoi une carrière serait un désastre environnemental, parce qu&#8217;elle détruirait tout un écosystème, et un désastre pour la population, puisqu&#8217;elle la priverait d&#8217;une de ses plus grandes richesses (de ces richesses bien plus importantes que celle bassement matérielle de l&#8217;argent brassé par une carrière de pierres), soulignant quelle scandaleuse opacité entourait les forages. Aujourd&#8217;hui, je dénonce le comportement de certains de nos élus enfin mis en lumière, à qui l&#8217;argent fait perdre à la fois la tête, comme le montrent les raisons absurdes qu&#8217;ils donnent&#160;; le souvenir de leurs origines, puisqu&#8217;ils laissent saccager la forêt d&#8217;un village qui les a vu naître et grandir&#160;; et même le souci de leurs administrés, choqués et révoltés par cette potentielle destruction de forêt.</p>
<p>Le résultat des carottages ne sera, d&#8217;après le journal, pas connu avant plusieurs semaines, qui poursuit en nous disant qu&#8217;une période de négociations avec les habitants serait ensuite ouverte, de même qu&#8217;une enquête publique. Roland Klein de conclure pour sa part que, «&#160;de toute façon, on avait prévu de faire une réunion publique et d&#8217;informer la population&#160;». De toute façon&#8230; Oui, mais quand&#160;? Parce que ces forages, nous les avons découverts nous-même&#160;; les informations, nous avons dû les faire ressortir par nos propres moyens, en provoquer jusqu&#8217;à la diffusion. Si c&#8217;est une fois que les arbres sont à terre que l&#8217;on nous apprend la nouvelle et que l&#8217;on nous convie à une réunion publique, ce n&#8217;est plus la peine&#8230;</p>
<p>Le journal ne fait parler que Roland Klein, comme si l&#8217;énormité des faits suffisait à plaider contre lui. L&#8217;article se termine en se demandant si les Hoffois vont suivre le même chemin que les Sarraltroffois, à savoir celui de la grogne. C&#8217;est mieux que ça&#160;: nous l&#8217;avons déjà suivi, nous avons été manifester avec eux, et sommes déjà engagés, depuis le premier jour, sur le chemin de la révolte. Nous ne les laisserons pas faire.</p>
<p>Que ceux qui veulent réduire à néant notre forêt soient prévenus&#160;: no pasarán.</p>
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		<title>Une carrière dans la forêt de Hoff&#160;?</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Jun 2010 22:26:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicoz</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le 25 avril dernier, j&#8217;avais été manifester à Sarraltroff conte l&#8217;installation d&#8217;une carrière, qui devait être creusée par la société Guintoli afin d&#8217;approvisionner en pierres le chantier de construction de la nouvelle ligne à grande vitesse. On s&#8217;apprêtait en effet à raser une forêt, c&#8217;est-à-dire à détruire de manière durable tout un écosystème, pour récupérer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="alignnone size-full wp-image-1297" title="Manifestation à Sarraltroff" src="http://www.nicoz.tk/wordpress/wp-content/uploads/2010/06/manifestation-CARRIERES-1.jpg" alt="Photo de la manifestation à Sarraltroff" width="720" height="483" /></p>
<p>Le 25 avril dernier, j&#8217;avais été manifester à Sarraltroff conte l&#8217;installation d&#8217;une carrière, qui devait être creusée par la société Guintoli afin d&#8217;approvisionner en pierres le chantier de construction de la nouvelle ligne à grande vitesse. On s&#8217;apprêtait en effet à raser une forêt, c&#8217;est-à-dire à détruire de manière durable tout un écosystème, pour récupérer des pierres. Je ne comprenais pas (et ne comprends toujours pas aujourd&#8217;hui, d&#8217;ailleurs) pourquoi, d&#8217;une part, on détruit une forêt alors qu&#8217;on aurait pu faire ça en plaine non boisée et, d&#8217;autre part, pourquoi on installe une nouvelle carrière alors que celles aux alentours auraient apparemment largement suffi à la construction de la ligne nouvelle (et, l&#8217;impact négatif sur l&#8217;environnement d&#8217;une carrière n&#8217;étant plus à démontrer, il est dès lors étonnant de les multiplier inutilement). Qui plus est, les désagréments sonores, les poussières rejetées, l&#8217;intensification du trafic faisaient à juste titre peur aux habitants.</p>
<p>Et voilà qu&#8217;il y a quelques jours, la rumeur qu&#8217;une carrière serait creusée dans la forêt de Hoff, voisine de celle de Sarraltroff, a circulé&#160;; le lendemain, nous découvrions un forage en plein cœur de <em>notre</em> forêt. Lundi 14 juin, une foreuse sondait bruyamment le sous-sol forestier, manipulée par deux ouvriers taciturnes&#160;: le premier montrant en souriant le second, en se contentant de dire «&#160;c&#8217;est mon chef, c&#8217;est mon chef&#160;», ledit chef n&#8217;étant guère plus loquace, affirmant ne rien savoir, ni s&#8217;il trouvait quelque chose, ni pour qui il faisait ça, et nous renvoyant au logo de sa camionnette, sur laquelle on peut lire le nom de la société (Forsol) et son numéro de téléphone. La rumeur semble donc bien fondée&#160;: le sol de notre forêt est actuellement sondé, sans doute dans le but d&#8217;y installer une carrière, et ce dans la plus grande discrétion.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="alignnone" title="Forage en cours dans la forêt de Hoff" src="http://lh5.ggpht.com/_pLcWSYHqDKc/TBeaB5uS4fI/AAAAAAAAAX4/PBan1P8sLqM/s640/DSCF6231.jpg" alt="Photo d'un forage en cours dans la forêt de Hoff" width="640" height="480" /></p>
<p>Si cela s&#8217;avère, ce ne serait pas sans susciter de nombreuses questions, ni soulever de vastes protestations. La forêt, déjà, appartient normalement à la ville de Sarrebourg (c&#8217;est, comme son nom l&#8217;indique fort bien, la «&#160;forêt <em>communale</em> de Sarrebourg&#160;»), l&#8217;autorisation doit donc venir de la ville. Or, précisément, il semble parfaitement impossible que les élus soient d&#8217;accord&#160;: ils manifestaient, tous bords confondus, à Sarraltroff le 25 avril&#160;! Jean-Yves Schaff, Manuel Simon (tous deux dans l&#8217;opposition sarrebourgeoise), Roland Klein (lui membre de la majorité) étaient de la marche contre la carrière, il est donc impensable qu&#8217;ils soutiennent la construction d&#8217;une carrière à Sarrebourg. Première incompréhension, donc&#160;: comment la ville aurait été d&#8217;accord alors que nos élus ont manifesté contre à Sarraltroff&#160;?</p>
<p>La manière dont cela se passe, le mystère qui entoure ces forages, l&#8217;absence d&#8217;information laissent ensuite présager du pire. Nulle part en effet, on n&#8217;a prévenu les Hoffois, ni les Sarrebourgeois dans leur ensemble, de ces forages dans la forêt, ni de leur but&#160;: tous ceux à qui nous pouvons en parler en restent pantois. Dans la forêt&#8230; à la place de la forêt serait sans doute plus approprié. Pourquoi, en effet, s&#8217;il ne s&#8217;agissait pas d&#8217;un problème de l&#8217;envergure d&#8217;une carrière maintenir autour de ces forages un silence de plomb&#160;?</p>
<p style="text-align: center;"><img class="alignnone" title="Carottes extraites dans le deuxième forage" src="http://lh4.ggpht.com/_pLcWSYHqDKc/TBjqfHAX2wI/AAAAAAAAAZY/VXqvx1b9VRw/s640/DSCF6249.jpg" alt="Photos des carottes extraites dans le deuxième forage" width="640" height="480" /></p>
<p>Une carrière, en tout cas, serait un désastre écologique, et une catastrophe pour Sarrebourg et pour Hoff. Désastre écologique, parce qu&#8217;elle ruinerait l&#8217;habitat d&#8217;une myriade d&#8217;espèces animales, peut-être même d&#8217;espèces protégées, abattant les arbres où nichent de nombreux oiseaux qui bercent de leurs chants mélodieux la forêt, arbres qui abritent aussi de discrets écureuils, pour ne citer qu&#8217;eux parmi la riche faune. Qui plus est, elle anéantirait toute la végétation, pourtant très dense en cet endroit, décapitant tout forme de vie végétale ou animale sur une surface sans doute de la taille de plusieurs terrains de football, pour de nombreuses années&#160;: on ne peut en effet espérer que la forêt se régénère rapidement, il lui faudrait des siècles&#8230;</p>
<p>Désastre pour les Sarrebourgeois, ensuite, puisqu&#8217;une telle carrière ruinerait aussi une richesse de la ville. Elle réduirait à néant une zone de chasse prisée et détruirait un espace qui offre du bois aux riverains et même à d&#8217;autres, comme le suggèrent les noms peints à la bombe sur les troncs. De plus, elle rayerait de la carte un espace naturel propice à la détente et aux loisirs où bon nombre de Hoffois, et même de Sarrebourgeois, aiment à se balader et à faire du sport&#160;; notre député-maire qui s&#8217;y promène parfois ne nous contredira nullement sur ce point. La carrière serait donc un drame, à la fois pour la forêt et son écosystème, et pour notre ville et ses habitants.</p>
<p>Mais cela, les Hoffois (et pas seulement eux, d&#8217;ailleurs) le comprennent bien&#160;: à l&#8217;ébahissement suscité par la révélation de forages, et donc du risque d&#8217;une carrière dévastatrice, succède immanquablement un sentiment de colère et de révolte. Nous ne les laisserons pas détruire notre patrimoine, notre richesse&#160;: ils ne détruiront pas un environnement si fragile. Une question demeure entière cependant, qui vient s&#8217;ajouter à notre première incompréhension&#160;: qui est ce «&#160;ils&#160;» qui nous menace, tapi dans l&#8217;ombre&#160;?</p>
<p><em>J&#8217;actualise au jour le jour une carte sur google map qui suit l&#8217;avancement des forages dans notre forêt, photos à l&#8217;appuie, à cette adresse&#160;: <a href="http://tinyurl.com/36f9np3">http://tinyurl.com/36f9np3</a></em></p>
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