jan 10 2012

L’hôpital est malade

À lire sur Sarrebourg Nouvelle :

L’hôpital public va mal : après la mise sous tutelle récente de deux établissements, à Forbach et Saint-Avold, le Républicain Lorrain de ce jour nous apprend un déficit de trois millions d’euros de l’hôpital Saint-Nicolas de Sarrebourg, sur fond de conflit social. Les raisons, nous dit-on, en sont simples : les importants investissements mis en œuvre, financés par l’emprunt, ont mis à la merci de la crise l’hôpital sarrebourgeois, phénomène qu’amplifie, selon les mots du maire, une « activité moins importante que prévue ». Crise de fréquentation, crise économique : que ne convoque-t-on pas pour refuser de voir en face la responsabilité de la politique de santé publique désastreuse menée ces dernières années, et qui tend à appliquer au service public de la santé la logique mortifère de la gestion d’entreprise ? « Chiffres d’affaires », « réduction des dépenses de fonctionnement », « développement de l’activité », « productivité », « optimiser », « rentabilité », … Le vocabulaire lui-même s’est fait gestionnaire, les logiques ne sont plus sanitaires mais comptables. Tout se réduit au chiffre, on dilue l’humanité des malades dans l’impersonnalité de l’« activité » : quand arrivera le jour où, à l’accueil des hôpitaux, des clients auront remplacé les patients ?

Poursuivre la lecture de ce billet sur Sarrebourg Nouvelle