IE versus UE
La commission européenne a envoyé jeudi à l’entreprise Microsoft une lettre de griefs dans laquelle elle accuse la firme de Redmond d’abuser de sa position dominante en intégrant Internet Explorer à Windows. Cette lettre arrive au terme d’une année d’enquête, ouverte notamment suite à la plainte d’Opera Software (l’entreprise qui développe le navigateur Opera). La commission dénonce donc cette « vente liée », selon ses propres termes, qui incite, de façon « artificielle », les développeurs à s’adapter au navigateur de Microsoft, toujours d’après la commission.
L’entreprise américaine a huit semaines pour répondre, et peut venir défendre son dossier devant les experts européens. En tous les cas, le groupe risque une forte amende, d’autant plus qu’il est récidiviste ; il a en effet déjà été condamné en 2004 (peine confirmée et alourdie en 2007) pour des faits similaire. À l’époque, c’est la vente liée du lecteur MediaPlayer qui lui était reprochée, et l’amende finale s’élevait à 1,676 milliard d’euros.
C’est un nouveau coup dur porté à Microsoft par l’Union Européenne, qui risque d’ailleurs de n’être qu’un début. L’enquête de la commission comporte en effet un deuxième volet qui s’intéresse aux informations que fournit l’entreprise américaine à ses concurrents, et pourrait mettre en cause d’autres produits phares tels que la suite Office, qui n’est effectivement pas un modèle d’interopérabilité.
Cette nouvelle tombe alors qu’Internet Explorer est dans une situation de plus en plus difficile, devant faire face à la montée en puissance de FireFox, lequel lui est de plus en plus préféré. La nouvelle est somme toute une bonne nouvelle pour le logiciel libre et la confirmation de la position de la commission sur le sujet de la vente liée ne peut être que saluée.