Trêve d’olympisme
Que reste-t-il de l’esprit olympique ? Apparemment, pas grand chose ; trois jours après l’ouverture des olympiades de la honte, l’heure ne semble plus à la paix. Pire encore, « l’idéal olympique » a totalement disparu.
Et pourtant, ça commençait si bien ! Les médias avaient enfin de quoi passer sous silence les atteintes aux droits humains à travers le monde, la belle cérémonie repassait en boucles dans les JT, annonçant quinze jour d’une trêve de l’info. Plus question de parler du Tibet, plus un mot sur les 50 cyberdissidents emprisonnés en Chine, pas plus que sur les 29 journalistes qui croupissent dans les prisons de la dictature communiste. Que sont devenus ces innombrables moines arrêtés ? Personne ne saurait le dire… et de toute façon, personne n’en a envie. La belle cérémonie, c’est quand même plus important.
Plus important aussi que les petites tensions entre Géorgie et Russie. Pas de quoi en faire tout un plat, à peine quelques milliers de morts, il est tout à fait logique de parler avant tout des JO. Une médaille par ci, une autre par là. Un champions pour tel pays, une bombe pour cet autre. Quoi de plus normal ?
C’est l’idéal olympique qu’on assassine, et les géorgiens aussi.
Monsieur Bush regarde Michael Phelps gagner. Monsieur Poutine regarde les géorgiens crever. Et pendant ce temps là, tout le monde parle des grands, des beaux, des excellents JO, où l’essentiel tient plus, de nos jours, dans la victoire que dans la participation.
Qu’est devenue la paix olympique ? Que vaut désormais la devise des jeux ?
Il n’est plus question de trêve des armes. On assiste à une trêve de l’information, peut-être, des valeurs de l’olympisme, sûrement. Mais le peuple est content.
Panem et circenses.