jan 10 2012

L’hôpital est malade

À lire sur Sarrebourg Nouvelle :

L’hôpital public va mal : après la mise sous tutelle récente de deux établissements, à Forbach et Saint-Avold, le Républicain Lorrain de ce jour nous apprend un déficit de trois millions d’euros de l’hôpital Saint-Nicolas de Sarrebourg, sur fond de conflit social. Les raisons, nous dit-on, en sont simples : les importants investissements mis en œuvre, financés par l’emprunt, ont mis à la merci de la crise l’hôpital sarrebourgeois, phénomène qu’amplifie, selon les mots du maire, une « activité moins importante que prévue ». Crise de fréquentation, crise économique : que ne convoque-t-on pas pour refuser de voir en face la responsabilité de la politique de santé publique désastreuse menée ces dernières années, et qui tend à appliquer au service public de la santé la logique mortifère de la gestion d’entreprise ? « Chiffres d’affaires », « réduction des dépenses de fonctionnement », « développement de l’activité », « productivité », « optimiser », « rentabilité », … Le vocabulaire lui-même s’est fait gestionnaire, les logiques ne sont plus sanitaires mais comptables. Tout se réduit au chiffre, on dilue l’humanité des malades dans l’impersonnalité de l’« activité » : quand arrivera le jour où, à l’accueil des hôpitaux, des clients auront remplacé les patients ?

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nov 13 2011

L’épicerie sociale « O P’tit Marché »

À lire sur Sarrebourg Nouvelle :

Dans deux semaines, les bénévoles de la Croix-Rouge de Sarrebourg seront à la sortie des grandes surfaces pour leur habituelle collecte. Avant cette campagne, ils tenaient à ouvrir les portes de l’épicerie sociale ainsi alimentée, afin de montrer aux Sarrebourgeois à quoi, concrètement, servaient leur dons. Autour de Manuel Simon, les volontaires ont redoublé d’efforts pour expliquer, non sans passion, leur engagement aux dizaines de curieux venus leur rendre visite, et leur décrire le fonctionnement de cette épicerie sociale qui ne serait rien sans eux.

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juin 30 2011

Usbek à Sarrebourg

À lire sur Sarrebourg Nouvelle :

Les Lettres persanes est un roman épistolaire dans lequel Montesquieu expose la correspondance de deux Persans, Usbek et Rica, qui racontent leur périple en Europe à leurs amis de Perse. Leur regard naïf sur nos mœurs de l’époque s’en révèlent une critique incisive. Mais imaginons un instant qu’au gré d’un voyage dans le temps et l’espace, Usbek se retrouve à Sarrebourg, aujourd’hui, séparé d’un Rica bloqué dans le passé. C’est probablement en ces termes qu’il s’adresserait à son ami resté coincé trois siècles en arrière :

Usbek à Rica.

Il y a dans un coin de la contrée que je visite un village fort étrange. Peu de temps après mon arrivée, hébergé par un généreux habitant, on m’y offrit à lire un journal édité par la ville pour informer chacun de le vie de la cité. Je fus surpris, Rica, de découvrir l’endroit passionné de musiques aux sons exotiques mais aussi, et surtout, stupéfait qu’on usât de canons et de poudre pour guerroyer contre la nuit et ses nuages. […]

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mar 28 2011

Espoir

« Les armées se séparèrent ; et on raconte que Pyrrhus répondit à quelqu’un qui célébrait sa victoire qu’avec ”une autre victoire comme celle là, il serait complètement défait”. Il avait perdu une grande partie des forces qu’il avait amenées, et presque tous ses amis et principaux commandants ; il n’avait aucun moyen d’avoir de nouvelles recrues. […] Tandis que, comme une fontaine s’écoulant continuellement de la ville, le camp romain se remplissait rapidement et abondamment d’hommes frais, pas du tout abattus par la défaite, mais gagnant dans leur colère une nouvelle force et résolution pour continuer la guerre. » - Plutarque, cité in Wikipédia

Sarrebourg

Pour le député-maire de Sarrebourg, qui s’est largement impliqué dans la campagne, faisant en quelque sorte de cette élection un « test » grandeur nature de sa popularité ; pour ce député-maire, donc, qui a invité personnellement les Sarrebourgeois aux réunions publiques de M. Spreng, qui leur a adressé son propre tract pour défendre son « ami », qui est même allé jusqu’à battre le pavé aux côtés dudit ami pour bien afficher son soutien, c’est une victoire à la Pyrrhus. Leurs sourires convenus masquaient mal le coup de semonce qui a retentit dans la salle des fêtes lors de l’annonce des résultats pour la ville de Sarrebourg, voyant une victoire de M. Schaff dans ce fief depuis trop longtemps aux mains des mêmes personnes. L’UMP a certes remporté une élection de plus, mais cette formalité dans un canton ancré à droite a des parfums de défaite. Plus rien, désormais, ne semble pouvoir endiguer la montée en puissance de M. Schaff et de son équipe, qui remporte cette fois six communes : Haut-Clocher, Xouaxange, Imling, Hesse, Harreberg et Sarrebourg. Sa victoire dans cette dernière est un désaveu pour M. Marty, l’amorce d’un retour de flamme, un relent de 9 mars 2008 où l’opposition, déjà, manqua pour quelques voix de lui ravir la mairie. À l’époque, il ne passa pas loin d’une défaite, mais il sembla bien vite oublier dans la gestion des affaires de la commune le Sarrebourgeois sur deux qui n’avait pas voté pour lui, écoutant l’opposition autant qu’un sourd peut écouter un muet, c’est-à-dire en un mot : la maltraitant. Programmer un Conseil municipal au lendemain d’élections dans lesquelles le leader de l’opposition est engagé ; ne pas fournir d’autre local à cette même opposition que la salle du conseil, où aucune audience ni aucun stockage de documents n’est possible, ce sont là, parmi mille autres, deux exemples frappants de la vision qu’ont de la démocratie les édiles de notre ville.

La chute de la droite, à Sarrebourg, a valeur pour elle de memento mori, lui rappelant non seulement qu’elle peut perdre la ville, mais aussi et surtout que cela n’est plus qu’une question de temps : le sort de l’actuelle majorité qui, il y a encore peu, paraissait impossible à renverser, semble désormais scellé. Son temps est compté, elle n’a que trop duré. Doucement, mais inévitablement, l’opposition progresse ; escalade des murailles qui ne tiennent plus ensemble qu’au prix de grands efforts parfois à la limite de la légalité, lorsqu’ils ne sont pas franchement illégaux. Comme la mer qui s’abat inlassablement sur les rochers de la côte, les érodant peu à peu au fil du temps, l’opposition fait s’écrouler des barrières à chaque scrutin et gagne du terrain, doucement mais sûrement. Plus que jamais, hier, dans la défaite, M. Schaff et ses amis étaient emplis d’espoir. Le résultat, qui n’est mauvais qu’en apparence ; qui n’est mauvais que si l’on refuse de voir l’avenir et que l’on s’accroche à un présent dont les piliers de sable s’effondrent, montre surtout que tout est possible. Le combat pour Sarrebourg ne sera certes pas simple, mais jamais encore nous n’avons été aussi proches du grand chamboulement appelé de nos vœux. Dans un étrange renversement de situation, la joie était hier, un peu, parmi les vaincus, car tout le monde l’a bien vite senti : « les derniers seront les premiers. »

Que cela remotive les élus d’opposition qui continuent de travailler malgré le traitement qu’on leur inflige ; que cela remotive les troupes militantes qui défendent sans faiblir, contre vents et marées, la Justice, la Liberté, l’Intérêt Général ; que cela ravive l’espoir dans les cœurs de ceux qui, depuis trop longtemps, se battent pour que l’on ait, enfin, une ville de Sarrebourg pour Tous.


juin 28 2010

Il n’y aura pas de carrière à Hoff

Ce lundi 28 juin s’est tenu à la mairie de Sarrebourg un conseil municipal à l’occasion duquel Roland Klein a annoncé que les carottages effectués dans la forêt de Hoff ces dernières semaines révélaient un sol inadapté à la construction d’une carrière. Il n’y aura donc pas de carrière dans la forêt de Hoff, qui demeurera ainsi préservée.

La question ne s’est pas trop faite attendre. Après quelques dizaines de minutes de débats, Jean-Yves Schaff interpelle le maire, Alain Marty (UMP), au sujet des forages découverts dans la forêt de Hoff, s’étonnant au passage d’avoir été mis au courant par des habitants et non par la mairie. Il rajoute ne pas comprendre qu’on détruise une forêt pour récupérer des pierres alors que les carrières alentours auraient apparemment suffi. Le maire a donc tenté de s’expliquer, recyclant les arguments fallacieux développés par Roland Klein dans le Républicain Lorrain puis sur Virgin Radio Sarrebourg, avant de nous annoncer que, « de toute façon », les forages prospectifs n’ont rien donné. Propos complétés ensuite par Roland Klein lui-même.

M. Marty nous a tout d’abord gratifié d’un bel amalgame, nous disant qu’on ne peut pas être pour la LGV et contre sa construction, comme si ne pas vouloir que l’on détruise une forêt pour chercher des cailloux, c’était refuser le TGV ; comme s’il ne pouvait y avoir d’autres moyens de procéder pour construire cette ligne que de mettre à mal l’environnement (l’achèvement de la LGV n’est-il pas un point du « Grenelle » de l’environnement ?). Au fond, tout est bon au nom de la LGV, et toute personne qui critiquerait un tant soit peu le déroulement des travaux serait un affreux hérétique LGV-phobe, technophobe ou que sais-je : hors le sentier prévu, point de salut ; toute autre solution, fut-elle meilleure, étant allègrement balayée d’un revers de manche, son défenseur étiqueté au passage d‘« anti-LGV », comme excommunié, pestiféré. Or, non, nous ne sommes pas contre la LGV. Mon père conduira le TGV est-européen (je dis cela en écho à Roland Klein, qui nous apprenait ce soir que sa mère était née à Sarraltroff !), et je suis enthousiasmé par cette ligne nouvelle qui contracte l’espace. Mais ne cédons pas pour autant à la dictature de sa construction à tout prix : au lieu de raser des hectares de forêts, on aurait pu importer les pierres des carrières alentours, elles auraient suffi. Eh quoi ! Cette proposition empêche-t-elle la construction de la ligne nouvelle ? Évidemment, non…

L’argument de la solidarité a aussi, de nouveau, été invoqué. Cette fameuse solidarité, cette affabulation de solidarité plutôt, qui veut que nous gardions la carrière et ses avantages économiques pour ne laisser aux Sarraltroffois que les désagréments des passages de camions, et que j’ai déjà décrite dans mon précédent billet. On nous a répété, par ailleurs, que ces parcelles étaient vides d’arbres, ravagées qu’elles ont été par la tempête de 1999. Or c’est faux, j’ai les photos de  ces parcelles boisées. Répéter inlassablement une contre-vérité ne la rendra jamais vraie… Enfin, on a tenté de minimiser cette carrière dans notre forêt, qui ne ferait « de toute façon que 4 ou 5 hectares », ne « durerait que 3 ans » et serait « entièrement réhabilitée » (parce qu’évidemment, les arbres repoussent et les trous se rebouchent d’un claquement de doigts). Dans ce cas, d’ailleurs, si c’est une si petite carrière, celles alentours auraient pu nous fournir… D’autre part, si ridicule, notre carrière aurait-elle été vraiment utile ? Évidemment, non…

Et M. Marty de voler au secours d’un Roland Klein mis à mal, en accusant l’opposition municipale de récupération politique (mais c’est là avouer à demi-mot qu’il y a récupération possible, c’est-à-dire, que le comportement majoritaire n’est pas clair…), lui prêtant l’intention de « faire la fête à Roland Klein » pour reprendre l’expression du maire, qui s’insurgeait d’un « acharnement » contre Roland Klein. Pourtant, c’est bel et bien Roland Klein qui a signé l’autorisation de forages prospectifs dans la forêt de Hoff. Qui plus est, c’est lui qui a répondu aux questions du Républicain Lorrain, et c’est lui aussi qui s’est exprimé sur Virgin Radio. Il est donc normal que ce soit lui qui soit mis en cause, que ce soient ses propos que l’on discute, ses arguments ridicules (car ils l’ont souvent été) que l’on démonte. Sauf, bien sûr, à refuser toute critique. Vit-on aujourd’hui dans une dictature dans laquelle les élus ne sont plus responsables de leurs actes, et dont on ne peut plus critiquer les décisions ? Évidemment, non…

Dans cette veine, le maire a reproché à Jean-Yves Schaff l’utilisation du verbe « parader » dans sa contribution au bulletin municipal. Celui-ci avait en effet parlé de Roland Klein qui « paradait en tête » du cortège à Sarraltroff. M. Marty est dès lors monté sur ses grands chevaux, dénonçant une attaque personnelle, accusant même M. Schaff d’ignorer le sens du mot « parader », et allant jusqu’à lui proposer de lui offrir, comme il le fait aux écoliers qui quittent le CM2 pour aller en sixième, un dictionnaire… Cette dernière attaque, on en conviendra, était bien plus basse que l’utilisation, somme toute assez naturelle, du mot « parader » lorsqu’il s’agit d’une personne en tête d’une manifestation. Cela suffit, je crois, à démontrer le ridicule des gesticulations de la majorité ce soir, qui critique une attaque personnelle qui n’en est pas vraiment une en y répondant par une bassesse bien plus ridicule, digne des cours de récréation… de CM2 ! Est-ce cela que l’on attend de notre majorité, qu’elle n’écoute pas les élus de l’opposition ? Qu’elle joue sur les mots, et se livre à des gamineries, des petites attaques mesquines, en lieu et place de s’occuper des affaires de la ville ? Évidemment, non…

Toutes ces gesticulations n’ont en tout cas pas effacé l’évidence : le rapport sur les carottages, dont on nous dit qu’il fait une quarantaine de pages, offre une conclusion sans appel, lue publiquement ce soir par Roland Klein en personne : le site de la forêt de Hoff ne peut pas être retenu pour l’installation d’une carrière. C’est la seule bonne, excellente même, nouvelle de la soirée : il n’y aura pas de carrière dans la forêt de Hoff, qui restera donc préservée. Et ce malgré les mauvaises intentions des élus de notre majorité.

Car les résultats négatifs de ces forages n’effacent pas les conditions dans lesquelles ils ont été faits. Le conseil municipal n’était pas au courant, M. Schaff en a pris connaissance en les voyant, le Républicain lorrain n’aurait rien su sans intervention providentielle. Bonjour la transparence au pays de Sarrebourg…

Ces résultats n’effacent pas, non plus, le risque de carrière qui plane sur Sarraltroff, et contre lequel il faut continuer de se battre. Mais là, une fois n’est pas coutume, la majorité municipale est de notre côté. Et je continue, pour ma part, à soutenir les Sarraltroffois : la carrière ne se fera à Hoff. Elle ne doit pas se faire, non plus, à Sarraltroff.